Catégorie:Quartier Saint Leu

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Le quartier Saint Leu forme une sorte de triangle dont la pointe est la Cathédrale et les bords les bras de Somme, le séparant des quartiers Saint Pierre et Saint Maurice. Ces bornes recouvrent en fait deux quartiers administratifs hérités des paroisses catholiques : les quartiers Saint Leu et Notre Dame le tout représentant environ 20 hectares.

À l'époque romaine, le quartier était un marécage que seule une voie vers Boulogne traversait, probablement sur le tracé de l'actuelle Rue Saint Leu. Au XII, la mise en place d'un drainage de canaux permit d'assécher les marais et d'installer des moulins, autour desquels les activités et les ouvriers s'installent, le quartier Saint Leu devient un espace industriel et populaire. Au début du XVII, Henri IV érige la citadelle qui fixe de facto les limites du quartier au nord.

Au XVIII, alors que les habitants de Saint Leu sont environ 5000, on parle déjà de l'état de surpopulation du quartier et de l'état de l'aménagement et du médiocre entretien des canaux. Au XIX, la mode haussmanienne voudrait rénover le quartier - les premiers ilots tombent. Mais malgré la concurrence britannique, les industries textiles perdurent et la population ouvrière reste attachée au quartier malgré la vétusté de l'habitat.

Le quartier Saint Leu au début du XXième siècle

Le quartier saint Leu, est toujours, en 1900, un quartier ouvrier et industriel, au-dessus des petites maisons pointent de hautes cheminées d'usine : filature, textile, teinture, chaussure, vinaigre - elles disparaitront toutes durant la seconde moitié du XX. Certains de ces bâtiments industriels furent reconvertis en habitat semi-collectif, en bureaux, édifices culturels, écoles... Comme les chaussures Hunebelle, qui sont actuellement occupées par l'école de commerce ou l'immeuble de la Rue de la Dodane devenu un ensemble de logements sociaux.

Dans les années 1930, le quartier Saint Leu a mauvaise presse, l'écrivain Maxence Van der Meersch y place une des scènes de son roman Corps et âmes  :

"Il arriva devant la cathédrale, et prit par la gauche. Il contourna l'énorme basilique, et s'engonça dans une des petites rues sordides, pleines de cabarets, d'hôtels borgnes, de garnis et de boites à femmes, qui déshonoraient le quartier. Des filles de joie aux portes des caboulots, décolletées, exhibant leur chair malgré le froid, le regardaient passer."

Les bourgeois se sont installés dans le sud de la ville dans des immeubles de pierre plus spacieux dans des quartiers comme Henriville au sud de la ville.

Lors de la seconde guerre mondiale, une partie du quartier est rasée à l'ouest de la Rue Saint Leu - alors que le reste du quartier est relativement épargné. Mais l'effort de reconstruction des années 1950 oublie le quartier qui s'enfonce dans la misère, le plan de reconstruction de l'architecte Pierre Dufau ne cite même pas le quartier. Mieux encore, en 1956 un autre projet signé Dufau propose de raser le quartier pour y poser des immeubles de 6 à 12 étages. Dans les années 1960, c'est Jean Maneval qui commet un plan de rénovation îlot par îlot essentiellement basé sur la construction moderne et le comblement des canaux - mais qui propose cependant de reloger sur place une partie des habitants. En 1962 Dacbert veut lui aussi éradiquer le quartier, mais le projet a au moins le mérite de provoquer la naissance du premier comité de protection du quartier qui obtient le retrait du projet. En juin 1964 un projet de sauvegarde basé sur la loi Malraux de 1962 sur la protection du patrimoine échoue.

En 1966 et 1968 les deux plans Lambert d'éradication plus au moins complète du quartier échouent eux aussi et lors de la campagne électorale de 1971, c'est un projet de rénovation que le candidat Lamps avance dans son programme. Mais l'opération cherche très longtemps son financement, les menaces d'expropriation ont faire fuir les investisseurs privés, et ceux qui détiennent encore des maisons cessent de les entretenir, les pensant promises à l'expropriation. La ville continue de placer des familles modestes dans le quartier. Les dernières entreprises quittent le quartier pour des locaux plus modernes et ne restent bientôt que des familles pauvres, vivant de petits trafics. La situation de ghettoïsation dure jusque dans les années 80, la dégradation des bâtiments est accentuée par la géographie des lieux les canaux, l'humidité...

Une note de 1973 indique que Saint-Leu c'est une population d'environ 3000 habitants, regroupés dans 880 logements de 2.7 pièces en moyenne. Sur 100 logements, moins de 14 ont une douche, moins de 17 un wc intérieur, moins de 10 du chauffage central. (source : Amiens, années 70 - la fin des Trente Glorieuses)

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